Faut-il solder les salariés les plus âgés ?

novembre 26, 2008

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Tribune paru dans les 12 éditions départementales de « Ouest France » du 24 novembre 2008 en réaction à une autre tribune parue dans les Echos du 6 août 2008

A l’heure où le débat fait rage sur l’âge du départ en retraite, une chose est sûre : demain, les entreprises françaises devront compter avec davantage de salariés seniors. Pour de nombreux professionnels du recrutement, il s’agira d’une vraie révolution culturelle.

Selon certains d’entre eux, c’est parce que les seniors seraient trop chers et pas assez performants que leur chômage aurait atteint le niveau presque record en Europe de 56%. Certains de ces « spécialistes » n’hésitent pas à comparer les seniors à des « produits en fin de vie » et à préconiser, en tout logique, la baisse de leur rémunération (1).

Cette inversion va à l’encontre de ma philosophie politique et des convictions d’une majorité de mes concitoyens.

Il faut en revanche répondre à deux questions que soulèvent périodiquement les recruteurs pour justifier leu peu d’empressement à recruter des seniors : leur coût et leur utilité économique.

L’idée selon laquelle les seniors eraient trop payés ne procède pas seulement d’une simplification abusive : elle est largement décalée par rapport à la réalité et à l’évolution du marché du travail.

D’abord, on constate de plus en plus une fin de l’avancement à l’ancienneté. La France se rapproche ainsi de l’Allemagne où les salaires atteignent leur niveau le plus élevé autour de 40 ans. Par ailleurs, une étude de l’INSEE menée en 2005 et intitulée « les salaires des seniors sont-ils un obstacle à leur emploi ? » montre que les seniors les mieux payés sont loin d’être les premiers licenciés. Cela ne veut pas dire que les cadres ne sont pas concernés par le chômage des seniors. Cela signifie simplement que si la valeur n’attend pas le nombre des années, elle ne baisse pas non plus automatiquement avec l’âge.

Certes, le recours massif aux préretraites a largement contribué à faire des seniors une « variable d’ajustement » pour les entreprises en difficulté, et répandu l’idée que la sortie des salariés les plus âgés du marché de l’emploi pouvait constituer une solution globale au problème du chômage. On s’est vite aperçu qu’il n’en était rien, ne serait-ce que parce que les jeunes n’ont pas profité du d épart de leurs aînés.

Les analystes s’appuient souvent sur des réflexes de discrimination à l’encontre des salariés les plus âgés, réputés souffrir d’une adaptabilité réduite ou de capacités intellectuelles diminuées. Ces généralités procèdent des mêmes discriminations dont ont souffert et souffrent encore les femmes et les minorités ethniques. Mais le plus grave, c’est que ces a priori pèsent sur les décisions de recrutement, le choix de ne pas recevoir certains candidats passé un certain niveau d’expérience, ou encore de n’offrir aucune perspective de formation au-delà d’un certain âge. Comment s’étonner dès lors que la démotivation finisse parfois par l’emporter ?

Soyons clair : d’elles-mêmes, les entreprises ne changeront pas. C’est donc à l’Etat qu’il revient aujourd’hui de se saisir de ce difficile dossier. Le plan élaboré par les ministres Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez constitue un progrès important en obligeant les entreprises à mettre en place une gestion des âges et de l’emploi des seniors, en libéralisant le cumul emploi retraite, et en augmentant la majoration des pensions pour les assurés qui prolongent leur activité au-delà des 40 années de cotisation.

Nous devons aller plus loin. C’est le sens de ma proposition en faveur d’un bilan de carrière obligatoire à partir de 45 ans pour tous les salariés. Chaque fois que ce sera nécessaire, ce bilan devra déboucher sur une formation qualifiante financée par le budget de 26 milliards de la formation continue, un budget qui, les chiffres le montrent, ne profite pas à ceux qui en ont le plus besoin. Parler de formation qualifiante veut dire que celle-ci est basée sur des perspectives sérieuses de recrutement à l’échelon des bassins d’emploi.

 C’est ainsi, et non pas en dévalorisant les salariés les plus âgés, que nous finirons pas remporter la bataille de l’emploi des seniors. 

(1) « Le tabou du salaire des seniors », Véronique Nguyen, Les Echos du 6 août 2008


Une reconversion réussie

novembre 26, 2008

 

Une fois n’est pas coutume, vous trouverez ci-dessous le message d’un internaute de nature à (re)donner confiance à tous les quinquas qui cherchent aujourd’hui un emploi.

 

« J’ai le plaisir de vous faire part de mon retour à l’emploi à la suite d’une annonce via le réseau Apec, relayée par ma Consultante, Nadine Fleury qui anime quelques centaines de « cadre » dans ma situation.

 

Ce résultat s’inscrit dans une reconversion d’activité et une prospection systématique et « energivore » menée depuis 2 ans auprès de plus de 600 entreprises contactées, dont 57 avec entretiens de candidature (cf. tableau joint pour information personnelle)

 

Je voudrais remercier le service économique de la Ville de Courbevoie, saluer votre sollicitude ainsi que vos différentes actions, mouvements en faveur de l’emploi et des « Seniors ».

 

Côté sport et bénévolat, comme « enfant de la balle » rebondissant selon votre sympathique expression, je poursuis mon projet de développement basé sur la diversité des jeux de balles avec un équipement a mur amovible polyvalent ayant reçu un excellent accueil des collectivités de l’Arc de Seine ainsi que du Conseil Général des Hauts de Seine.

 

Plusieurs collectivités, fédérations et DTN se réunissent autour de projets en direction de l’élite et de l’enfance.

 

Citoyen dévoué

 

Éric Sajous »


Départ à la retraite: que font les autres?

novembre 25, 2008

 

L’observation des régimes de retraite en vigueur chez nos voisins européens montre que l’âge légal de départ à la retraite dans notre pays – 60 ans – demeure une exception. Si l’on s’en tient aux grands pays européens, l’Italie, le Royaume-Uni  l’Allemagne et l’Espagne ont tous fixé le seuil de départ à 65 ans même si ces deux derniers pays donnent la possibilité de partir avant moyennant une diminution des pensions versées.

La situation est plus complexe concernant le  nombre maximum d’annuités de cotisations

L’Espagne en exige 35 et l’Italie 40. Tel n’est pas le cas du Royaume-Uni (44 annuités cotisées pour 49 travaillées pour les hommes, 39 annuités cotisées pour 44 travaillées pour les femmes) ni de l’Allemagne qui ne prévoit aucun maximum pour inciter au cumul emploi retraite. Il est à noter cependant que le mode de calcul de la pension est proportionnel quasiment partout en Europe, à l’exception du Royaume-Uni, qui a opté pour un système hybride, alliant calcul forfaitaire et proportionnel.

A titre de rappel, comparons enfin les régimes de retraite dans les secteurs publics et privés en France.

Dans le secteur public, la retraite est ouverte, dans le cas général, à 60 ans à taux plein quelle que soit la durée de cotisation, contre 65 ans dans le secteur privé. Il n’existe pas non plus, comme dans le secteur privé, de décote pour les personnes partant en retraite sans totaliser une certaine durée de cotisation.


Carrefour de l’emploi senior à Courbevoie en 2009

novembre 22, 2008

 

A l’occasion du Forum de l’Emploi qui se tiendra à Courbevoie en février 2009, un volet spécifique sera consacré aux chercheurs d’emploi de 50 ans et plus.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ces rencontres professionnelles, laissez nous votre mail pour recevoir le programme du Forum.


Témoignage contre la frilosité française

novembre 15, 2008

 

Voici un témoignage sur la frilosité des entreprises françaises vis-à-vis des seniors. Un témoignage dont nous partageons évidemment le diagnostic.

« J’ai connaissance de vos travaux et tiens tout d’abord à vous remercier pour l’ensemble de vos actions concernant l’emploi des seniors.

Pour ma part, je suis âgé de 53 ans, ingénieur des Mines de formation et mon dernier poste occupé était celui de directeur d’un site de 200 personnes dont l’objet  portait sur de la prestation en maintenance industrielle pour d’importants donneurs d’ordres. Le « nez dans le guidon » tout au long de ma carrière, je suis licencié au mois de juin de cette année et je fais alors l’amer constat de la difficulté du marché de l’emploi lorsque l’on est senior dans notre pays.

 

A commencer par les cabinets de recrutement, lesquels filtrent systématiquement l’ensemble de vos candidatures et vous font souvent remarquer que votre profil est surdimensionné par rapport au poste pour lequel vous postulez, ou alors que les directives concernant l’âge du parfait candidat sont fixées par leurs clients…..

 

Nos contrariétés françaises entre les objectifs et la réalité me font  réagir. Jusqu’alors les entreprises ont pratiqué beaucoup par habitude, la mise à la retraite anticipée de leurs salariés, parfois même à partir de 50 ans !! A l’heure actuelle, une volonté existe d’accorder à ceux le souhaitant  la possibilité de travailler au delà des limites actuelles, point qui me parait tout à fait incohérent par rapport aux pratiques que nous connaissons du marché.

 

 

(…) Mon expérience professionnelle internationale m’a permis dans le passé de travailler pour des sociétés scandinaves et allemandes dans lesquelles dans lesquelles la compétence des seniors est considérée comme un « must » (…)

 

Il y a lieu de continuer à relayer de plus en plus cette problématique dans notre appareil politico- médiatique afin de faire évoluer les mœurs de notre société. (…) Je suis complètement déterminé à me battre sur ce sujet de société prioritaire à mes yeux, comme, j’en suis sur, à ceux  aussi de beaucoup de nos concitoyens.

 

Merci pour votre aide.

 


Ce qu’il faut savoir sur le temps partagé

novembre 13, 2008

 

Qui est l’employeur ?

Le Groupement d’Employeurs, à savoir un réseau d’entreprises organisé sous forme associative pour mutualiser des compétences.

 

Quelles sont les compétences recherchées ?

 

Tous les niveaux de qualifications sont représentés dans un GE : les premiers niveaux de qualification sont en général très  développés ; les techniciens et agents de maîtrise sont en plein essor. Quant aux cadres à temps partagé, ils sont en devenir dans la mesure où la demande des entreprises est en forte hausse sur des compétences qualifiées, telles que la Qualité, la Sécurité, l’Environnement, les Ressources Humaines, la Communication, l’Informatique…

 

Comment s’organise le temps de travail ?

 

L’objectif du GE est d’employer ses salariés en CDI à temps complet. Le salarié peut travailler deux jours dans l’association A et trois jours dans l’association B. Ou bien le matin, chez A et l’après-midi chez B. Ou encore l’hiver chez A et l’été chez B.

 

Quel est le statut du salarié qui travaille à temps partagé ?

 

Il n’y a qu’un seul contrat de travail (un CDI très souvent), quel que soit le nombre d’entreprises au sein desquelles le salarié est amené à travailler. Ce contrat de travail unique respecte toutes les obligations légales et sociales en vigueur (durée du travail, cotisations sociales, ..)

 

Ces informations nous ont été communiquées par Cyrielle BERGER, Chargée de Communication / Tél : 05 49 88 25 57 / crge@wanadoo.fr / www.crge.com


Retraite possible à 70 ans : uniquement pour ceux qui le souhaitent !

novembre 7, 2008

 

Je souhaite rassurer tous ceux que « la retraite possible à 70 ans » a inquiété : il n’est pas question de changer l’âge légal de retraite. Celui-ci est et restera 60 ans. Simplement, les Français qui le souhaitent pourront continuer de travailler jusqu’à 70 ans. Quant aux pilotes, qui étaient mis à la retraite d’office à 60 ans, et aux hôtesses et stewards, que l’on poussait vers la sortie dès 55 ans (on se demande bien pourquoi !), ils auront la possibilité de prolonger leur activité cinq années supplémentaires.  C’est donc une nouvelle liberté qui sera bientôt offerte aux salariés, parfaitement cohérente avec la libéralisation du cumul emploi/retraite et l’augmentation de la surcote au-delà de l’âge légal. Tout cela suppose néanmoins une chose : que les entreprises emploient plus de seniors qu’aujourd’hui. C’est le sens du plan gouvernemental mais aussi, je le rappelle, de ma proposition en faveur du bilan de carrière obligatoire.  

Pour plus d’informations

- sur le plan gouvernemental voir mon billet du 7 aout

- sur mon rapport y a-t-il un avenir professionnel après 45 ans


Colloque sur « l’agisme »

novembre 6, 2008

 

Mercredi 19 novembre 2008 de 18h30 à 20 heures, la Fondation pour l’innovation politique organise une table ronde intitulée « La lutte contre les discriminations liées à l’âge en matière d’emploi : enjeux et perspectives en France ». 

Avec la participation de :

  • Alexandra Poli, chargée de recherche au CNRS et coresponsable avec Vincent Caradec du volet « Âge » d’une étude sur les usages sociaux de la discrimination et de la diversité dans les entreprises menée par le Groupe de recherche sur les actions et les croyances collectives de l’université Charles-de-Gaulle–Lille-III ;
  • Stéphanie Seydoux, directrice de la promotion de l’égalité au sein de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE).

Lieu : Fondation pour l¹innovation politique – 137, rue de l’Université – Paris 7. Accès gratuit.

Pour s’inscrire http://www.fondapol.org/ ou  01 47 53 67 00

 


Forum pour l’emploi des cadres seniors

novembre 6, 2008

 

Le Forum pour l’emploi des cadres seniors se tiendra jeudi 20 novembre 2008 de 10h à 18h au Palais Brongniart, place de la Bourse, à Paris. Cet évènement permettra aux participants de rencontrer 150 entreprises. Entrée libre, gratuite, sans pré-inscription. N’oubliez pas de vous munir de cv.

Pour plus d’information, consultez notre nouvelle rubrique Emploi


Dialogue avec les lecteurs de La Tribune

novembre 6, 2008

 

Hier, j’ai dialogué avec les lecteurs du journal La Tribune. Plusieurs sujets ont été abordés comme la possibilité de travailler au-delà de l’âge légal de la retraite, la discrimination qui frappe les salariés les moins jeunes dans l’entreprise, les conséquences de la remontée du chomage et, bien sur, mon projet de bilan de carrière obligatoire.

Un échange très constructif et particulièrement intéressant. Les questions étaient directes. Mes réponses, aussi.

Pour prendre connaissance des échanges : http://www.latribune.fr/carrieres/recrutement/le-mois-de-lemploi/20081105trib000306803/y-a-t-il-un-avenir-professionnel-apres-45-ans-.html